La course aux municipales sur Twitter et Facebook : influence, provocation et proximité

La course aux municipales sur Twitter et Facebook : influence, provocation et proximité

A quelques mois des prochaines élections municipales 2014, tous gardent en mémoire l’importance cruciale de la communication sur les réseaux sociaux lors de l’élection de Barack Obama, ou de François Hollande en 2012. État des lieux de l’implication des maires des 30 plus grandes villes françaises sur les réseaux sociaux.

A l’approche des élections municipales des 23 et 30 mars 2014, la côte de popularité des politiques commence à les démanger. Une question à l’ordre du jour : comment se démarquer et prendre une tête d’avance sur ses concurrents ? Provocateurs ou proches de leurs concitoyens, les maires français se démarquent sur les réseaux sociaux.

 

Baromètre Augure : les maires les plus influents sur Internet

L’éditeur de logiciels Augure a lancé très récemment un baromètre sur l’influence digitale des maires des 30 plus importantes villes de France. L’analyse se base sur les comptes Facebook, Twitter et les blogs actifs entre mai et juillet 2013. Il est vrai que l’intervalle temps pris en compte est assez court, mais les statistiques témoignent tout de même d’une tendance forte que nous retrouvons identique après l’été.

Pour hiérarchiser cette influence digitale et élaborer son classement, Augure s’est intéressé au potentiel d’audience des maires, à leur niveau de participation et d’interaction avec les membres de leur communauté, et à leur faculté à être relayé sur les réseaux sociaux.

Résultats : un peu plus de 75% des maires sont présents sur les médias sociaux, avec Facebook comme canal privilégié. Les maires Christian Estrosi (Nice), Alain Juppé (Bordeaux), Gérard Collomb (Lyon), Michel Destot (Grenoble) et Jean-Claude Gaudin (Marseille) survolent l’exercice et se placent dans le top 5 de cette première édition du classement.

 

Une course à l’influence

Une question se pose : comment mesurer et hiérarchiser l’influence d’une personnalité politique ? Faut-il valoriser le nombre de buzz réussis ou la volonté de débattre avec ses co-citoyens ? Préférer la quantité de tweets à la qualité de l’information ? Privilégier les RT, MTS et autres commentaires ?

Augure a tranché sur cette question en créant avec Augure Influencers, l’algorithme AIR (Augure Influencers Ranking). Il est constitué de trois facteurs :

  • Exposition : mesure le potentiel d’audience des maires sur les réseaux sociaux
  • Part de voix : mesure leur niveau de participation / l’interaction auprès de leur communauté
  • Echo : quantifie leur faculté à créer l’opinion et à être relayé sur les sujets qu’ils abordent

Nous n’en connaissons pas les éléments précis mais notons qu’il prend en compte à la fois la taille (audience) mais surtout l’engagement des communautés.

 

Zoom sur les personnalités politiques influentes

 

La provocation, une stratégie payante

Christian Estrosi prend facilement la première place du palmarès. Le maire de Nice (ou son équipe de communication) est un hyperactif numérique, et son style est qualifié unanimement de provocateur et de polémique. Son dernier post au sujet des Roms, en date du 2 octobre, génère en à peine deux jours presque 1600 likes, plus de 300 commentaires et plus de 300 partages. Si sa ligne éditoriale au vitriol divise l’opinion publique, elle suscite les commentaires sur ses profils 2.0.

Christian Estrosi sur les Roms

Cerise sur le gâteau, dès la publication du baromètre Augure, Christian Estrosi ne manque pas l’occasion de partager sa première place sur son compte Facebook, raflant au passage quelque 1364 likes, 180 partages et presque 120 commentaires.

Mais donner tant de place à la personnalité politique de Christian Estrosi fait passer la ville de Nice au second plan : elle brille par son absence du top 5 des villes les plus actives sur les médias sociaux.

 

Ambassadeurs de leur ville : une stratégie de proximité

Contrairement à Christian Estrosi, Alain Juppé et Gérard Collomb misent sur une stratégie de proximité, beaucoup plus enveloppante et moins agressive.

Et pourtant la campagne municipale d’Alain Juppé qui brigue de nouveau la mairie de Bordeaux a bel et bien démarré sur le web. Et il ne s’en cache pas. En témoignent les applications Facebook de son profil : « La campagne en image ! » , « Visionnez la campagne ! », « Suivez la campagne! », etc.
Alain Juppé n’hésite pas à étendre sa parole à d’autres plateformes, à l’exemple d’Instagram, Youtube ou Flickr. C’est un véritable écosystème numérique qui est mis en place par son équipe de communication, centré sur les prochaines municipales. Un compte Twitter consacré aux élections existe déjà, même si l’audience est pour l’instant bien limitée :

Alain Juppé sur Twitter, municipales 2014

 

La personnalité de Gérard Collomb s’efface devant celle de sa ville, Lyon. Ambassadeur enthousiaste, il communique sur les projets qui rythment la ville de Lyon comme sur son actualité culturelle. Sa communauté est essentiellement basée sur Twitter : plus de 20 000 abonnés contre un peu plus de 9 000 sur Facebook. Elle est de fait beaucoup plus locale que celle d’Alain Juppé ou de Christian Estrosi, qui accèdent à une échelle nationale grâce à leur passé politique et à la médiatisation dont ils font régulièrement l’objet. Et pourtant, Gérard Collomb se classe bien troisième de ce palmarès, sans doute grâce à l’écoute attentive qu’il manifeste pour sa communauté.

Fil Twitter de Gérard Collomb

 

Pour en savoir plus

Le baromètre Augure en infographie – Source Les maires les plus influents sur Internet

Et si vous préférez les Slides Share – Les maires les plus influents sur Internet [Baromètre]