Les collectivités territoriales enfin sur Facebook et Twitter ?

Les collectivités territoriales enfin sur Facebook et Twitter ?

En mars 2012, moins d’une collectivité locale sur 2 est présente sur Facebook ou Twitter. Un an après, 6 collectivités locales sur 10 s’expriment de manière officielle sur les réseaux sociaux. L’Institut Edgar Quinet examine le phénomène et publie une étude sur le sujet : « Collectivités territoriales et réseaux sociaux », présentée ce mardi 8 octobre 2013.

Si les entreprises françaises se sont emparées des réseaux sociaux depuis quelques années déjà, les acteurs publics – et en particulier les collectivités territoriales – sont restés sur le seuil de ces nouveaux modes de communication. Spectatrices de l‘avènement de Twitter et Facebook au cœur des pratiques de communication, elles sont restées longtemps les grandes absentes du paysage numérique. Les collectivités territoriales semblent réaliser petit à petit l’importance d’être présentes sur les mêmes plateformes que les usagers, là où se crée aujourd’hui une partie non négligeable de la communication.

 

Un renforcement de la présence des collectivités territoriales sur Facebook et Twitter

En mars 2012, l’Institut Edgar Quinet crée un baromètre permettant de suivre et d’analyser les évolutions de la présence des collectivités territoriales, à l’échelle des villes, départements et régions. L’étude présentée analyse les comptes officiels sur Facebook et Twitter de 176 collectivités territoriales (50 villes, 100 départements et 26 régions) entre mars 2012 et mars 2013, avec pour objectif de proposer une cartographie et un examen des évolutions des pratiques des acteurs territoriaux sur ces deux réseaux sociaux.

En mars 2012, l’étude indique que 47 % des collectivités territoriales avaient déjà un profil officiel sur Facebook et 38 % sur Twitter. De nouvelles villes, départements et régions ouvrent des comptes officiels et développent leur présence. En mars 2013, elles comptent 5 777 fans en moyenne sur Facebook (2 941 en mars 2012) et 3 313 abonnés sur Twitter (1 770 en mars 2012). Soit un ancrage général presque deux fois plus important pour chaque réseau social.

Le taux de présence des collectivités territoriales sur Facebook est passé sur cette même période de 56,7 % à 72,7 %, ce qui représente une augmentation globale annuelle de 28,2 %.

Les collectivités territoriales sur Facebook

Twitter est arrivé plus tard dans les stratégies mises en place par les collectivités et souffre donc encore d’un retard sur Facebook. Notons toutefois que 71 % des collectivités sont présentes à la fois sur Twitter et sur Facebook.

Les collectivités territoriales sur Twitter

 

Une disparité de territoires

Ces chiffres montrent toutefois une disparité forte en fonction des territoires et des échelles.
Ainsi, l’évolution annuelle moyenne du nombre de Fans pour les villes (hors Paris) est de +169%, contre +82% pour les régions et seulement +47% pour les départements. Ces chiffres témoignent d’une prédilection des utilisateurs de Facebook pour l’échelle locale, qui offre la possibilité de développer une plus grande proximité avec les usagers.
En revanche, le nombre d’abonnés sur Twitter des départements (+189%) et des régions (+121%) est nettement en hausse. La nature de Twitter étant moins « intime » que celle de Facebook, elle correspond mieux à des stratégies de communication basées sur l’information.

Mais ces fortes progressions cachent un faible ancrage au sein des populations. Les études statistiques montrent des taux de pénétration – nombre de fans ou d’abonnés par rapport à la population – faibles, variant entre une moyenne de 4,64% pour les villes sur Facebook, à seulement 0,17% pour les régions sur Twitter.

Le manque de professionnalisme dans l’usage des réseaux sociaux des collectivités territoriales était flagrant il y a peu et expliquait en partie les si faibles taux de pénétration des territoires. L’étude menée par l’Institut Edgard Quinet fait toutefois apparaître un travail de professionnalisation de la part des collectivités. « Les usages automatisés des Twitter et Facebook sont en forte baisse au profit d’une véritable animation. On est dans un autre rapport à l’internaute et c’est ce que recherchent les usagers », expliquent Alain Assouline, le président de l’Institut Edgar Quinet, et Jean-Pascal Szelerski, de l’agence Les Argaunautes, qui a dirigé l’étude.

Facebook et Twitter sont devenus sans conteste des supports privilégiés des collectivités territoriales pour prendre pied dans une nouvelle façon de communiquer avec leurs usagers. Il reste encore du chemin à parcourir pour les collectivités, mais un premier cap semble bien franchi.

 

Pour aller plus loin

Extraits de l’étude « Collectivités territoriales et réseaux sociaux »

La course aux municipales sur Twitter et Facebook : influence, provocation et proximité

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